Rugby

23 janvier 2020

Ca vaut bien un verre de vin chaud !

  Je me souviens des frères Spanghero surtout Walter, Walter le laboureur, le déménageur, «l’homme de fer», immense mégalithe, virtuose au corps de granit. Je me souviens également des frères Camberabero, surtout Guy, le «Lutin de La Voulte», un fin limier, petit poucet aux pieds d’or pour transformer l’ovale en trésor. Mais je l’avoue en dehors de cela, les années empilées sur une aiguille à tricoter, ma culture rugbystique est toujours aussi plate qu’un vieux tube de pommade camphrée vidé sur des muscles ankylosés. Je suis donc parti à Séverac le Château avec pour seuls provisions ces deux noms qui ont toqué à la porte de mon enfance, les jours de Tournoi des Cinq Nations. Je me souviens, juste un volet tiré sur ce passé, lorsqu’une pénalité était sifflée, quelque soit le camp, celui du Coq, du Trèfle ou de la Rose, j’allais me cacher dans la chambre de mes parents. Je fermais les yeux, je me bouchais les oreilles, je comptais jusqu’à 100 et je revenais m’assoire devant le petit écran. Heureux ou malheureux ? Je gardais toujours quelques carrés de chocolat au cas où pour adoucir les échecs, je n’étais pas si malheureux que cela ! Séverac le Château joue au stade de la Cartonnerie bordé d’une traditionnelle rangée de peupliers, le camping municipal en contrebas, quelques pavillons bâtis aux premières loges et le château médiéval, la fierté du village, posé sur son trône, vestige préservé en tour de vigie sur son talus aux angles aigus. J’ai payé […]