5 août 2021

Decaz Tattoo Show, c’est chaud

TU PEUX LIRE EN MOI ! Journal de bord, journal intime, journal du corps, A cor et à cri, une pulsion, elle est intime, déchirante, L’encre sur ma peau, enivrante, sans âme bénissante , Un désir, elle pénètre, elle déchire, un rugissement, elle est démon. Elle coule dans mes veines, savoureuse, ténébreuse, Ma nuque, mon cou, mes épaules en ailes de papillons, un dragon, que sais-je ? Pour m’échapper, m’affirmer sans craindre les barbelés. Dans le bas de mes reins, des yeux de Chimène, Ainsi, tu peux lire en moi, Plonger en moi, Tu peux suivre du doigt ce labyrinthe. Je suis loup, brebis et sphynx. Je ne te promets aucun festin, Ma peau est parchemin, l’encre séchée, mon venin. Si tu veux bien être baladin, sans craindre l’amertume, les infortunes, Sans craindre l’odeur du souffre, le vent des cendres pénétrantes, Je te promets d’aller loin. Photographies réalisées au Laminoir de Decazeville à l’occasion du Decaz Tattoo Show le 27 juin 2021. Tatouages « miroir » de soi, tatouages « mémoire », tatouages d’affirmation de soi…entre peaux tatouées, néons puissants, Metal hurlant et artistes à l’encre éternelle…
5 août 2021

Un trial tropical et amical

UN TRIAL TROPICAL ET AMICAL Oh miladiou de miladiou, un temps à filer un gros coup de mou, une météo à tordre le cou comme on essore une vieille serpillère. Une pluie pour escargots, la serviette de bain sur le dos ravis de surfer sur la courbe d’une herbe grasse gavée de perles de rosées. Ah miladiou de miladiou, même casqués, même gantés, même bottés, même « blousonnés », ce n’était pas vraiment un temps à faire péter la Beta 250 ou la Gas Gas. Et pourtant en contre bas du stand de tir et sur le haut du ravin de Ste Marthe, ils étaient bien là les trialistes malgré une pluie en rideau, averse sur averse, malgré la boue « giclante » et « criblante ». Tous là, les vans posés plein vent, plein champ, des bouts de chou à peine sortie du CP sur de petits engins électriques, des ados qui n’étaient pas là pour tomber du radeau, des cracks qui ont la baraque et des papys encore fringants le cul à peine posé sur un engin agile comme un bouquetin. Certains diront « c’est le Vietnam ici ». Chaleur lourde et tropicale, pluie chaude et boue collante, il ne manquait que les moustiques pour piquer les mollets de ces motards en recherche d’équilibre sur des rochers à la surface glissante comme un fond de baignoire savonnée. Casse gueule de casse gueule. Du trial tropical, amical et familial pour se la mettre bien de travers au fond d’un travers, au guidon d’une […]
5 août 2021

Un visage pour ne pas oublier

UN VISAGE POUR NE PAS OUBLIER Un long couloir, un très long couloir, sombre et ténébreux. Une faible lumière, des portraits alignés, de femmes, mur de gauche, d’hommes mur de droite. Cadres noirs, visages fixes, regards fixesAu coin d’une porte, le portrait de René Bussy. Joues gonflées, lèvres fermées, souffle coupé. La lumière du flash, clac…deux lampes à déflecteur se projetant dans le cercle de la pupille. Photo officielle anthropométrique du prisonnier René Bussy au camp d’extermination de Auschwitz 1. Assis devant l’objectif, l’homme est dos au mur, le col relevé, le buste droit, une épaule légèrement plus basse. Temps de pose, soixantième de seconde, profondeur de champ réduite. Une photo prise le 8 juillet 1942 entre 13h et 1h du matin, classée et conservée au centre de renseignements SS. Le photographe, un opérateur anonyme, lui-même détenu, affecté au Service de l’Identification géré par la police politique du camp. Sur la gauche, son identifiant, BV.F signifiant BerufsVerbrecher que l’on peut traduire par criminel professionnel, le F. pour symboliser la nationalité, française, suivi du matricule du prisonnier, le 45 319. Plus de nom, plus de prénom, pas de surnom, plus d’histoire, plus d’espoir, plus d’amour, plus d’actes de bravoure, juste la peur, la terreur, juste cinq chiffres tatoués d’une encre noire sur l’avant-bras, 45 319.René Bussy n’était pas un criminel professionnel. Ce poseur de rails aux Etablissements Drouard en Seine et Marne était militant communiste. C’est à ce titre qu’il est arrêté le 26 septembre 1941 puis relâché. Le 19 octobre […]
14 novembre 2020

Tu leur diras que je meurs en bon Français

  « TU LEUR DIRA QUE JE MEURS EN BON FRANCAIS »   L’Aveyron fut durement touchée pendant la guerre de 14 – 18 perdant près de 14 500 de ses fils sur le front. Le village de St-André de Vézines tout comme le hameau de Montméjean et la ferme de Roquesaltes ne furent pas épargnés. 29 jeunes hommes pour la plus part agriculteurs dans de petites fermes familiales vont perdre leur vie précipitant l’exode rural. Aujourd’hui que reste-il de ces histoires dramatiques ? Rencontre avec Marie-José Cartayrade, la mémoire du village.   La lettre débute ainsi « Mon cher Jean ». Elle est datée du 23 octobre 1915, Clément Cambournac, médecin aide major seconde classe engagé sur le front avec la 37ème division écrit ces mots à destination de son oncle : « J’ai eu une veine insensée. L‘obus qui a blessé mes 3 camarades est tombé plus près de moi que d’eux, c’est-à-dire à 2 mètres environ, et je n’ai pas eu une égratignure. Avec quelle ferveur j’ai remercié la Providence de m’avoir ainsi préservé. Il s’en est fallu de peu que tu ne revoies pas le fils de mon père ! Sur ces entre fait, arrivent les attaques. Il a fallu, avec ce groupe de brancardiers mutilés, organiser un service et faire un travail bien plus considérable et dangereux que ce qu’on avait fait jusque-là. Le médecin-chef arrivé au groupe quelques jours seulement avant l’attaque m’a chargé d’abord d’une moitié puis de la totalité du groupe. Je me suis trouvé à la tête de 150 brancardiers […]
10 mai 2020

On est enfin demain, ça fait du bien !

  LARZAC-VID Ce soir, je l’avoue, je suis allé au Pompidou, J’suis arrivé tard, dans une lumière chien loup. Devant moi, des herbes sèches et chancelantes jusqu’aux genoux, J’étais là pour me vider les poches et jeter des cailloux. Au Pompidou, le monde n’a pas de toit, quelle plus-value, Tu peux chercher, tu peux fouiller y’a pas de portes non plus. Y’a pas de plafond, rien…Le ciel, c’est comme un lagon, Tu plonges sans harpon, tu peux narguer tous les hameçons. Tu ne crains rien, le Pompidou, c’est une descente de lit, Y’a bien des chardons, cendrier ébréché, échoué sur ce parquet mal dépoli. Tu ne sens rien, la nuit se dépose, poreuse, peureuse, en papier buvard, Sans abeilles pour jouer les lunes de miel, tu peux tout dire, il n’est jamais trop tard. La trotteuse se balade, il est déjà minuit moins le quart. Les ombres sont cafards, les mots sont bavards. Une seule nuit suffit au jour du lendemain, Y’a pas besoin d’aller plus loin, tu peux te sentir bien. T’es sûre d’aller plus loin ? Y’a pas de tremplin, Laumet c’est loin, J’ai pas de briquet, tout se ressemble, je serre les poings. Dans les buis, y’a d’vieux fours à charbon de bois, je sais, on peut s’y retrancher, On peut tout imaginer, toi et moi dans ces grands cerceaux de fer rouillé. Je colle à tes reflets, ton collier de paillettes, des micas de pacotille, Sans retour sur soi, nuit docile, c’est bien assez pour trouver […]